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Comment apprivoiser son stress.

Vous vous sentez fatigué au quotidien, stressé, épuisé, et vous ne savez pas pourquoi? Vous vous demandez comment un simple coup de stress peut se transformer en une fatigue persistante?Avant de pouvoir aborder les différentes stratégies naturelles pour y faire face, il faut commencer par comprendre le fonctionnement du stress au niveau biologique.

Aspects biologiques du stress: comprendre son fonctionnement.

Examinons tout d’abord quelques chiffres afin de mieux appréhender la portée de cette pathologie. Selon une étude réalisée par Ipsos pour Météostress : 23% des Français se sentent quotidiennement stressés, 49% ressentent fréquemment une fatigue fréquente à cause du stress, et 55% ont des problèmes de sommeil. (https://www.ipsos.com/fr-fr/pres-dun-francais-sur-quatre-se-sent-stresse-presque-tous-les-jours)

Quelles en sont alors les causes et les conséquences? Comment le stress peut-il nous fatiguer?

Origines et conséquences.

Nous pouvons observer que 32% de l’origine du stress provient du domaine professionnel, suivi par le psychisme (27%), les relations sociales et affectives (24%), et l’environnement (17%). Il devient donc évident à la vue de ces chiffres que l’adaptation aussi bien environnementale que professionnelle est la clé de la réponse au stress.

Il peut donc être défini comme étant un ensemble de perturbations (biologiques et psychiques) générées par une agression sur l’organisme: pressions, contraintes affectives ou sociales etc.

A l’origine le stress est nécessaire puisqu’il est une réponse face à un danger perçu. En effet, l’homme comme l’animal pour répondre à un stimuli (un danger) va se mettre dans un état de stress, ce qui lui permettre de secréter de l’adrénaline, afin de prendre la fuite ou bien de se cacher. La personne va donc être poussée à l’action, devenir hypervigilante afin d’identifier le stressor, et ressentir de l’anxiété face à la menace ou au challenge rencontré.

Il existe donc plusieurs phases dont:

  • la phase d’alarme
  • la phase de résistance
  • la phase d’épuisement

La phase d’alarme, aiguë et courte, est accentuée par la consommation notamment de certains aliments drogues, alcool, tabac, café, sucre, boissons énergisantes.  Par ailleurs la réaction inflammatoire ne se fait pas attendre sur le corps: chaleur, rougeur, gonflement, douleur jusqu’à l’impotence fonctionnelle. Le corps commence alors par mobiliser ses réserves de glucose, les vaisseaux sanguins vont de contracter, les fréquences respiratoires et cardiaques vont augmenter, puis l’énergie dépensée par les cellules va accroitre.

Elle est alors suivie de la phase de résistance qui va durer plus longtemps, jusqu’à ce que la personne n’en puisse plus. La résistance au stress dépend alors de la capacité d’adaptation du sujet, et ce notamment en fonction de son age, son état constitutionnel et psychologique. Lorsque cette résistance est limitée et que les mécanismes d’adaptation deviennent inefficaces c’est alors que l’organisme s’épuise, et que la fatigue s’installe. Le cortisol prend alors une place fondamentale durant cette phase puisqu’il va être libéré, c’est alors que plus le stress diminue plus le cortisol se normalise. La sérotonine quant à elle va augmenter (hormone du bonheur), et le taux de magnésium va baisser progressivement.

Lorsque cette phase dure trop longtemps, le sujet va connaître de la fatigue, dévitalisation, altération du sommeil, augmentation de la glycémie, et devenir sensible aux infections. Ceci en raison d’une baisse de son système immunitaire.  Le sujet rentre alors dans la phase d’épuisement.

Du stress à la fatigue chronique.

La phase d’épuisement débute soit lorsque la source du stress disparaît (le corps peut alors récupérer, les sécrétions hormonales baissent), soit lorsque la situation stressante perdure ou s’intensifie. Dans le second cas l’organisme est débordé et un état de stress chronique se met en place.

Deux phases peuvent alors être distinguées le Burn In et le Burn Out.

Lors de la phase de Burn In, la personne est fatiguée, épuisée, surmenée. Un système de compensation se met alors en place avec une surconsommation de produits stimulants sucrés, café etc. Toutes les hormones sont en chute libre (DHEA, sérotonine, dopamine, adrénaline), mais le cortisol secrété en excès inonde le cerveau inhibant ainsi les récepteurs aux hormones du stress.

Les conséquences en sont l’augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et du taux de glucose dans le sang, allant même jusqu’à dans certains cas une augmentation des cytokines pro-inflammatoires conduisant ainsi à la dépression.  La sécrétion du cortisol en excès va également augmenter la résistance à l’insuline (conduisant au diabète), et interagir avec les hormones de la faim que sont la ghréline et la leptine, favorisant ainsi les pulsions sucrées et donc la prise de poids.

Ce stress chronique va également faire diminuer la production de DHEA (qui permet la fabrication de la testostérone et des œstrogènes), et peut induire entre autre chez la femme un syndrome prémenstruel.

Le passage à la phase d’épuisement psychique et physique qu’est le Burn Out, va se caractériser par un épuisement des surrénales, et donc un effondrement du cortisol et de la DHEA, ayant pour conséquences:

  •  très grande fatigue, coups de pompes, troubles de l’humeur,
  • baisse de la mémoire et de la concentration,
  • hypoglycémie et pulsions alimentaires,
  • troubles digestifs, pathologies cardiaques, et baisse du système immunitaire.

Sur le plan psychique, le sujet est émotionnellement épuisé (sensation d’être vidé, au bout du rouleau, sans ressources pour travailler), il se dépersonnalise et adopte une attitude négative et détachée face aux autres, et a un regard négatif sur lui même et sur ses accomplissements. La personne entre alors en phase dépressive.

Quelles sont alors les solutions naturelles que nous pouvons adopter afin d’y faire face?

Les stratégies naturelles pour faire face au stress.

Une des premières stratégies à adopter, afin de faire face au stress, est bien entendu d’en diminuer les sources: style de vie stressant, mal bouffe, alcool, tabac, sédentarité, manque de sommeil, isolement social. Néanmoins, certaines fois cela ne suffit pas à diminuer la réponse face au stress, et il devient nécessaire de se complémenter, ou d’utiliser la phytothérapie.

Par quoi se complémenter?

Il convient tout d’abord de corriger son microbiote et d’adopter une alimentation saine. Une cure de probiotiques est très souvent nécessaire. En effet, de nombreuses études ont démontré les bienfaits de ces cures sur l’anxiété. N’oublions pas également que le stress cause de nombreux troubles digestifs, et qu’il augmente notamment l’hyperperméabilité intestinale, source de nombreuses maladies.

L’ubiquinol: CoQ10 va également jouer un rôle fondamental, en raison de son action antioxydante et anti-inflammatoire, par ailleurs, il un rôle dans la fabrication de l’ATP (énergie nécessaire à nos cellules). Or en plus du stress oxydatif et des dommages qu’il cause à nos cellules, le stock d’ubiquinol diminue considérablement dans notre organisme avec l’âge.

Parmi les nutriments requis pour un bon fonctionnement de nos cellules (plus particulièrement de nos mitochondries qui sont le moteur des cellules) il faut compter: les vitamines du groupe B (B1, B2, B3, B5, B6), la vitamine C, le magnésium et la taurine (sous forme de bisglycinate ou de citrate), le Zinc, le cuivre. Ils vont jouer un rôle non seulement sur le fonctionnement des mitochondries et donc sur la production d’ATP, mais également sur le système nerveux central.  Le Zinc, quant à lui a un rôle connu pour renforcer notamment l’immunité, réguler la fonction thyroïdienne, soutenir la peau, et prévenir les maladies cardio vasculaires.

Utiliser la phytothérapie.

Les plantes adaptogènes sont également indispensables si vous voulez lutter contre cette pathologie. Nous pouvons les définir comme augmentant la capacité du corps à s’adapter au stress. Les effets de ces plantes sont comparable aux effets protecteurs de l’exercice physique. Leur avantage est qu’elles ne provoquent pas d’accoutumance ni de dépendance, et elles agissent par une synergie de leurs composants: vitamines, oligo-éléments, anti-oxydants.

Une plante est donc qualifiée d’adaptogène si elle répond à 3 critères:

  • augmenter la résistance de l’organisme
  • avoir une action normalisatrice au niveau physiologique pour que le corps adopte une réponse adaptée face au stress
  • ne pas être toxique.

Parmi les plantes adaptogènes nous pouvons citer: la rhodiola rosea, la shisandra chinesis, l’eleutherococcus senticosus, l’astragale. Chacune ayant des propriétés particulières, il conviendra de vous rapprocher de votre naturopathe avant de les consommer.

Certaines plantes sont également considérées comme ayant une réponse favorable face au stress: l’aubépine, l’avoine, la mélisse, la camomille, la passiflore, la valériane, le griffonia, le houblon, la magnolia, le safran, et le tilleul. Néanmoins, il convient également de consulter un professionnel en raison de certaines interactions médicamenteuses possibles et de certaines contre-indications de certaines d’entre elles.

Vous l’aurez compris, la meilleure solution face à une situation de stress est de s’adapter. Cependant n’oubliez pas qu’il est fondamental de savoir se reposer, de prendre du temps pour soi, de souffler et de prendre des vacances!

Portez vous bien.

Inès KADMIRY, naturopathe

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