UNE VIE

Préambule

Elle y avait songé plus d’une fois, partir tout quitter pour une nouvelle vie, un nouveau souffle sans conflits ni cris, juste du calme et de la douceur, mais il était son tout, sa vie et ses repères.

Elle l’avait connu très jeune et avait tout appris avec lui, ils avaient grandi ensemble et s’étaient éduqués mutuellement, une fusion d’êtres et d’âmes qu’elle pensait liées à jamais, « pour toute la vie et l’infini » disaient-ils, comme pour se rassurer qu’ils s’appartenaient mutuellement et que rien ne pourrait jamais les séparer. 

La douleur était présente, un sentiment de culpabilité omniprésent du mal qu’elle ressentait à travers lui, car elle le voyait se ronger à petit feux, et s’éteindre très lentement. Il avait repris la cigarette, ex gros fumeur, lui qui s’était battu et avait réussi à arrêter depuis 10 longues années. Ce sentiment qu’elle ressentait était couplé de sa propre douleur et profond mal-être,  une sensation d’abandon, de délaissement, et de sous-estime autant d’adjectifs qu’elle essayait de combattre. 

Elle pensait que tout était acquis : le commun des mortels a une tendance suicidaire à se complaindre dans un quotidien fait d’habitudes dans lesquelles on se persuade se sentir bien. 

Mais lorsque tout s’écroula tel un château de sable, elle senti le sol se dérober sous ses pieds et un sentiment de panique intense l’habitat soudain. Elle n’y croyait pas et se sentait prise au piège, comme dans un cauchemar dans lequel on se sent chuter inexorablement dans le vide. Sa première réaction « mais tu ne m’aimes plus ? » « mais comment c’est possible », à cet instant elle ne pouvait se résigner à accepter un simple « je ne t’aime plus », c’était un cauchemar qui se réalisait.

Jamais elle ne s’était demandée ce qui l’avait poussé à en arriver à ne plus l’aimer car à l’instant présent elle ne comprenait pas comment celle qu’il avait aimé plus que tout au monde, à qui il scandait des « je t’aime » à longueur de journée, était devenue une simple colocataire, une amie avec qui la vie était devenue une souffrance. Elle le supplia, pleurant à chaudes larmes, suffoquant, et tentant désespérément de lui faire entendre raison. Elle qui était si forte à l’accoutumée était devenue l’ombre d’elle-même.

Il était 1h30 cette nuit-là lorsqu’elle prit la route roulant inexorablement vers un vide intense, vers l’infini désespoir de cette vie gâchée, dans cette chaude nuit d’été au ciel noirci par les tourments de cette vie.

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